11/01/2009

Entrée en Scène

L'Arène et le Théâtre
Prologue










Ah ! mes nobles amis, me voici donc en scène.
J’entre dans l’Arène et me jette sur les planches du grand Théâtre que vous fouler depuis si longtemps. J’ai répété mille fois mon entrée parmi vous, le trac me dévorant les tripes comme une horrible vermine, et me voici dans mon beau costume flambant neuf pour jouer mon rôle et dire mon texte inlassablement répété, sans bégayer.

Quelles bourdes, quelles fautes de goût ou de mise en scène ne vais-je pas faire devant vous qui maîtrisez déjà de longue date l’art de la dialectique et de la réflexion. Ah ! je tremble de toute ma malheureuse carcasse au regard de mes nouvelles responsabilités. Vais-je pouvoir m’en sortir par une ou deux pirouettes et retourner séance tenante me cacher dans les coulisses, si je manque de prestance ?
Saurais-je manier le verbe tel un bon comédien et le glaive pareil à un valeureux Gladiateur ? Serai-je le Spartiate que je suis censé être au même titre que vous ?
Ah ! mes frères, allez-vous m’introniser avec bienveillance, m’assister dans mes nouvelles fonctions, être indulgent envers mon inexpérience, apprécier mes facéties de Fou encore un peu maladroit, ou au contraire me jeter dans la fosse en regardant les loups me dévorer ?







Mon avenir incertain et celui de ce bas-monde le diront ; l’épée de Damoclès est suspendue au-dessus de ma tête par un unique crin de cheval pour bien me signifier que la splendeur des rois ne tient qu’à un fil et peut-être bien éphémère… C’est un enseignement royal incontournable pour un Bouffon !
Mais n’étant aussi qu’un Gladiateur sans prétention, alors, peut-être ai-je mes chances devant les « César » que vous êtes ?

Je suis fou me direz-vous ? Mais justement, là est bien ma fonction : jouer avec la folie, la mienne la vôtre, celle de l’humanité entière et en rire à gorges déployées… afin de nous conserver un peu de distance pour apprécier tout de même la beauté de la vie…

A tout de suite, mes nobles acteurs et spectateurs, rejoignons la pièce ; le rideau est levé depuis l’aube des temps et ne se refermera qu’au crépuscule de la vie parce que le spectacle du monde ne s’arrête jamais !









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