15/03/2009

Maisons d'édition



Voici donc pour Décomposition la liste des dix premiers refus sur dix mois d’une liste que j’imagine encore longue.

Je vous tiendrai au courant de cette aventure pittoresque chaque fois que mon destin artistique aura l’obligeance de m’avertir de ses sinueux détours.

Vous ne savez jamais si votre manuscrit est lu ou non. Il n’y a pas de retour de lecture, probablement pour la bonne raison qu’il n’est jamais lu, au mieux parcouru et souvent sélectionné d’après la lettre d’intention que vous joignez avec le texte.
Ça donne en effet une idée du thème, à savoir s’il entre dans la ligne éditoriale, si c’est commercial, d’actualité, à la mode, quel type de public ça intéressera….
Bref, première sélection à vue d’œil, au feeling…

Quelle est la personne qui s’occupe de ce tri ? Quelqu’un spécialiste de littérature, un vague étudiant en quelque chose, un ou une stagiaire de ceci ou cela ? Impossible de savoir… et probablement que personne d’autre ne le regarde.

Pour qu’il soit dupliqué en plusieurs exemplaires et arrive en comité de lecture où il sera lu par plusieurs personnes qui finalement voteront – donc là non plus rien n’est acquis --, vous dépendez de cette seule personne qui décide du sort de ce que vous avez peut-être mis plusieurs années à écrire et qui représente une part importante de votre vie !

Parfois, comme je l’indique il m’est revenu au bout d’une semaine ; je doute qu’on lise entièrement et convenablement Décomposition en une semaine, ou alors il faudrait y passer plusieurs heures par jour.







Bien sûr, lorsque vous écouter parlez les éditeurs, comme au salon du livre récemment, ils jurent lire jusqu’au bout -- tout en disant que 98% de ce qu’ils reçoivent n’est pas lisible et ne tient pas 3 pages ! --, et qu’ils ne peuvent passer à côté d’un manuscrit vraiment valable.
Ah bon ! Pourtant, l’histoire de l’édition est riche de grands auteurs passés à la postérité, ayant été refusés à leur début par de nombreuses maisons d’édition censées aussi à l’époque ne rien rater ! Et parmi les plus connus, certains publiaient à compte d’auteur.

Ce n’est parfois qu’après plusieurs livres ayant été refusés qu’un écrivain finit par être édité, et curieusement, ceux qui lui avait été précédemment refusés sont acceptés après… et peut-être parfois par les mêmes maisons d’éditions qui préalablement n'en voulaient pas…
Imaginez que vous vous fassiez connaître médiatiquement pour autre chose que votre livre et soudain, comme par magie, celui deviendra « étrangement » beaucoup plus facilement publiable… ou « banquable », si on est un peu cynique… et réaliste !

Lorsque vous entendez certains critiques professionnels, ça fait froid dans le dos et on se dit qu’il faut peut-être mieux mettre tout à la poubelle immédiatement ! On a vraiment l’impression qu’ils sont la parole de dieu en matière de jugement littéraire en se demandant quelles qualités extraordinaires possèdent les écrivains qui entrent dans leurs bonnes grâces alors que tous les autres sont de pitoyables scribouilleurs.

J’ai toujours un peu de mal à considérer positivement la psychologie des gens qui passent leur temps à juger les autres avec parfois une agressivité évidente et un mépris redoutable.
On me rétorquera que ça compense le passage de brosse à reluire que pratiquent a contrario certains confrères souvent par copinage ou pour des raisons commerciales, certes.
Tout cela est extrêmement subjectif.

Je sais ce que vous allez dire : lorsqu’on son manuscrit n’est pas retenu, on a tendance à crier à l’injustice, à l’artiste maudit au talent incompris et dire que les autres se trompent et sont nuls.

Pourtant, il existe des romans publiés qui passent totalement inaperçu et dont les auteurs ne bénéficient d’aucune promotion. Il m’est arrivé d’en lire et de les trouver bien meilleurs que ceux d’auteurs « reconnus ». Et je suppose que c’est inévitablement le cas pour des livres dont personne ne voudra jamais.





Si je prends mon exemple personnel, Le Grillage, mon premier livre, bénéficia d’un heureux concours de circonstance et fut publié dans une toute petite maison d’édition qui n’a pas les moyens de s’occuper de ses auteurs. A moins d’un certain nombre de ventes, un livre n’est pas mis dans les rayons des libraires. Ce n’est que par Internet en ayant la chance extrême d’être référencé sur Fnac et Amazon, puis ensuite ailleurs, que j’ai pu en vendre un certain nombre.
J’ai eu spontanément de très bonnes critiques sur ces sites par des lecteurs lamba qui le connaissaient grâce au blog qu’une amie avait spécialement ouvert pour cela.
Quelle chance me direz-vous d’avoir de si nobles et généreuses amies !
C’est vrai, je ne boude pas mon plaisir !

Et Joseph Vebret, un écrivain-éditeur qui par hasard est venu sur le site de cette amie en avait fait une critique élogieuse sur son propre blog, la première et la seule d’une personne du métier à ce jour !
Il y eu aussi une interview sur un site littéraire très bien fait : Fleur d’Encre
Ce qui prouve que les choses sont bien plus complexes qu’on ne le dit…

Et évidemment, personne ne l’avouera jamais, mais si vous avez des « amis » bien placés dans le milieu de l’édition, votre manuscrit n’ira pas sur la même « pile » que les autres… mais ça, il ne faut pas le dire : Chut !

C’est la loterie, le hasard, de tomber au bon moment sur la bonne personne, mais tout n’est-il pas ainsi dans la vie !



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Premier refus


Editions Héloïse d’Ormesson – 4 juillet 2008



« Monsieur,
Apres une lecture attentive, nous avons malheureusement décidé de ne pas retenir votre manuscrit Décomposition, qui ne rentre pas dans notre ligne éditoriale. Nous publions moins de dix livres français par an, ce qui restreint fortement nos choix.
Nous vous souhaitons meilleure chance auprès d’autres éditeurs »

Ainsi soit-il !



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Second refus


Editions Bernard Grasset – 3 novembre 2008



« Monsieur,
Le manuscrit que vous nous avez adressé a été lu avec attention. Il nous a semblé qu’il ne correspondait pas à nos choix éditoriaux. Nous ne somme donc pas en mesure de publier votre texte.
Nous le regrettons. Recevez, Monsieur, l’assurance de notre considération »

Pour la petite histoire, sachez qu’il a été renvoyé au bout de 8 jours, je doute qu’il ait été lu par qui que se soit !

Ainsi soit-il !



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Troisième refus


Editions du Seuil – 1er décembre 2008


« Monsieur,
Nous avons bien reçu votre manuscrit, Décomposition, et nous vous remercions d’avoir songé aux Editions du Seuil. Nous l’avons attentivement étudié et il ne nous a malheureusement pas paru possible de le retenir pour publication. En effet, après lecture, il nous a semblé que nous n’étions pas l’éditeur le plus à même de le publier.
Nous vous prions de croire, Monsieur, à nos regrets ainsi qu’à l’assurance de nos sentiments les meilleurs »

Ainsi soit-il !




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Quatrième refus


Editions Gallimard – 16 décembre


« Monsieur,
Vous avez bien voulu nous soumettre votre manuscrit « DECOMPOSITION ». Nos lecteurs en ont pris connaissance avec attention.
L’avis qu’ils ont rendu n’est malheureusement pas favorable et il ne nous sera donc pas possible de retenir cet ouvrage pour nos prochains programmes.
Nous vous exprimons notre regret et vous prions de croire, Monsieur, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs »

Ainsi soit-il !




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Cinquième refus


Editions Robert Laffont Nil Julliard Seghers – 24 décembre


« Monsieur,
Votre manuscrit a été examiné avec attention par notre comité de lecture mais il ne nous paraît pas entrer dans le cadre de nos collections et nous ne pouvons donc en envisager la publication.
En vous remerciant de nous avoir soumis votre texte.
Nous vous prions de croire, Monsieur, en l’assurance de nos sentiments les meilleurs »

Pour le réveillon, c’est très joli cadeau de Noël

Ainsi soit-il !




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Sixième refus

Editions Stock – 10 janvier


« Monsieur,
Nous avons lu avec intérêt votre manuscrit intitulé :

Décomposition

Malheureusement, il n’a pas convaincu un nombre suffisant de nos conseillers littéraires, nous ne pouvons donc pas l’accueillir dans l’une de nos collections.
En vous remerciant toutefois de votre confiance, et vous souhaitant le meilleur pour votre manuscrit chez l’un de nos confrères, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs »

Ainsi soit-il !




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Septième refus


Editions du Rocher – Le Serpent à Plumes – Motifs – 16 janvier


« Monsieur,
Nous vous remercions d’avoir bien voulu soumettre à notre attention votre manuscrit :

décomposition

Celui-ci n’a malheureusement pas fait l’unanimité au sein de notre Comité de lecture. Nous avons le regret de vous annoncer que nous ne pouvons envisager de le publier.
Nous avons été sensibles à l’intérêt que vous portez à notre maison et vous prions de croire, Monsieur, en l’expression de nos sentiments les meilleurs. »

Ainsi soit-il !




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Huitième refus


Editions Plon – 17 janvier


Concerne : Décomposition

« Monsieur,
Nous avons bien reçu votre manuscrit et vous remercions d’avoir pensé à PLON.
Malheureusement, votre texte, en dépit de sa qualité, ne correspond pas à la ligne éditoriale actuelle de notre maison ; nous sommes donc au regret de ne pouvoir en envisager la publication.
En espérant qu’un autre éditeur pourra accueillir votre travail, veuillez croire, Monsieur, à nos salutations les meilleures »

Renvoyé au bout de 10 jours ! Remarquez que pour une foi, il y a marqué dans la lettre « en dépit de sa qualité »… ce qui nous incite bien entendu à croire qu’ils l’ont lu avec une « extrême attention ! Malin…

Ainsi soit-il !




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Neuvième refus


Editions Arthème Fayard – 11 Mars



« Cher Monsieur,
Je vous remercie de nous avoir fait parvenir votre ouvrage intitulé :

Décomposition

Malgré son intérêt, ce texte ne nous paraît malheureusement pas pouvoir entrer dans notre programme de publication à venir.
En vous souhaitant de trouver rapidement un éditeur enthousiaste, je vous prie de croire, Cher monsieur à l’assurance de mes sentiments distingués.

Service des manuscrits »

Ainsi soit-il !




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Dixième refus !


Editions P.O.L – 12 mars


« Monsieur,
Nous vous remercions de nous avoir communiqué votre roman intitulé Décomposition.
Malheureusement, notre production étant très réduite, nos choix en sont d’autant plus restrictifs. Ainsi nous a-t-il semblé que votre livre ne correspondait pas à ce que nous recherchons pour nos collections.
Avec nos regrets, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations respectueuses »

Ainsi soit-il !




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Au moins, j'aurais déjà fait parmi les 9 ou 10 plus grandes maisons d'édition sur la place de Paris !



Ah ! mes amis, Long et difficile est le chemin qui des Ténèbres conduit vers la Lumière, car il n’y a pas de plus profonde solitude que celle du Gladiateur… et du Ménestrel !








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