28/03/2009

Poème - 2




Il semblerait que ce poème soit l’œuvre d’un certain Armand Sylvestre, plus connu pour sa poésie grivoise et érotique qui fit scandale à l’époque.

Je l’avais enregistré sur le net au nom de cet auteur, mais n’arrivant pas à trouver plus amples informations à son sujet, il se peut qu’il y ait une erreur que vous me pardonnerez.

Quoi qu’il en soit, ces quelques vers lyriques aux accents hugoliens méritaient d’être cités.









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Ceux que l'amour du bien, jusqu'à la Mort amène,
Et dont le sacrifice a dicté le trépas,
Sont l'éternel honneur de la famille humaine
Et fécondent le sol où se posent leurs pas.

Dressant, pour l'avenir, la moisson de l'exemple,
De l'idéal, à tous, ils montrent le chemin,
Et dans notre mémoire ils méritent un temple,
Ces héros d'hier qui seront héros demain.

Dans l'ombre et le silence où notre esprit s'effare,
Vers les buts inconnus par les flots ballottés,
Leur nom jette à nos cœurs sa virile fanfare
Et, dans nos yeux éteints, rallume une clarté.

C'est le devoir qu'il montre et le Devoir qu'il crie.
-Debout, fils de la France, à l'appel des clairons !
Ces soldats de la paix meurent pour la patrie
Comme ceux dont la gloire a couronné les fronts.







Leur combat est sans trêve et leur champ de bataille
Est partout où le Mal deviendrait le plus fort,
C'est à leur seul courage et non pas à leur taille,
Que leur cœur généreux mesura son effort.

O les Martyrs obscurs qui, plus haut que la vie,
Ont mis le rêve amer et doux du dévouement,
Qui marquent de leur sang, sur la route suivie,
La place où de l'honneur germera le ferment !

O les nobles vaincus de la lutte éternelle
Où chacun d'eux, de tous, a payé la rançon,
Et qu'une mort sublime a couché sous son aile
Comme le moissonneur lassé sur la moisson !

O vous, les dignes fils de la terre sacrée,
Où les fils sont jaloux du renom des aïeux,
Enfants dont les enfants, dans la longue durée
Des temps, raconteront le trépas glorieux !

Salut ! Voici le jour de la sainte revanche
Que vous gardaient la France et notre souvenir,
Où l'Immortalité, sur votre pierre, penche
L'ombre du vert laurier où vos noms vont s'unir.

O frères qu'avez fait le même rêve auguste
De se donner pour tous, sans compter, ni savoir,
Salut dompteurs du Mal et défenseurs du Juste,
Salut, Soldats du Droit! Victime du Devoir.


Armand SILVESTRE 19 Juin 1895 (sous réserve)








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