13/04/2009

Pleurez, pleurez mes Frères…

L'Arène et le Théâtre
Scène 10













Bonjour mes nobles amis. Ces temps-ci, votre Ménestrel préféré avait envie de flemmarder un tant soi peu. Ainsi s’est-il promené dans la douce campagne qui renait en ce printemps autour du Château avec quelques courtisanes qu’il adore divertir et pour lesquelles il aime à faire le joli cœur !
Oh le Vilain Ménestrel !

J’en ai profité pour réfléchir aux nombreuses questions qui me taraudent en permanence -- ainsi que tous mes amis bloguers -- à penser aux posts que je devrais écrire en plus grande quantité et finalement, comme tout le monde, à ce que je devrais faire et que je reporte inévitablement au lendemain ou au surlendemain comme la plupart d’entre nous.

Ach ! La Nature humaine est paresseuse et si aucun éperon ne vient lui piquer régulièrement le derrière, elle s’installe dans son petit confort nombriliste et égoïste !

Ainsi, depuis longtemps, j’ai l’intention de vous parler d’enseignement, d’autorité et d’éducation.

Vous le savez pas encore, mais outre mes fonctions de Ménestrel et de Soldat occasionnel pour le Royaume, je m’occupe aussi des chers bambins de notre bon peuple, et si je n’ai pas la mission de leur enseigner littérature, philosophie ou calcul, j’ai au moins celle de les encadrer, de leur donner quelques règles, un peu d’éducation, de savoir vivre et de savoir être.
Et par les temps qui courent, croyez-moi, ce n’est pas chose aisée !

Je vais donc vous faire un petit topo de la situation.








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De plus en plus souvent, la question de la faillite de l’éducation, de l’école, des parents et des enseignants apparaît dans la presse et sur les blogs. Sujet tabou durant longtemps comme beaucoup d’autres, il n’était pas question de remettre en cause la sacro sainte Bien-pensance à ce propos.

La Bien-pensance étant, si l’on peut dire, une sorte de « déification girardienne » issue du sacrifice de la Victime émissaire incarnant toute forme d’autorité, immolée en 68 par une foule mimétique et aveugle de ses propres fonctionnements.
Mais depuis que vous avez lu René Girard vous savez d’une part que tous les Mécanismes sont ambivalents et paradoxaux et que, d’autre part, le retour au religieux archaïque ne se porte jamais mieux que dans une société prétendant réfuter toute sacralisation religieuse !

Dans la société des années 60 de plus en plus confortable et bien à l’abri de la guerre, en pleine croissance économique, les prétentions des enfants gâtés pouvaient enfin voir le jour.
Ce qui fut un progrès, une ouverture nécessaire pour certaines choses, entraîna un désastre de l’autre ; le refus des valeurs, des devoirs et des contraintes légitimes, la compétition des désirs stimulée en permanence par la Société de consommation, l’individualisme et le plaisir de l’instant érigés en culte, sans parler le la repentance historique hystérique, du reniement de soi, de sa propre culture et civilisation, de l’égalitarisme, du démocratisme, du relativisme moral et culturel au profit de l’adoration effrénée de l’« Autre », une immigration de peuplement extra occidentale de plus en plus nombreuse faite en grande partie des ex-colonisés avec le ressentiment que cela entraîne, surtout s’il est attisé à longueur de temps, des différences culturelles majeures, bref une véritable convergence de catastrophes n’étant certainement pas à même souder une Nation !








Qui aurait pensé il n’y a même pas un siècle, parmi les hommes qui se sont battus pour la paix, l’instruction pour tous, la liberté, la lutte contre les injustices, que leurs petits enfants prendraient un tel plaisir à saccager leurs efforts et leur héritage ? Qu’ils feraient preuve de tant d’ingratitude et d’aveuglement ?

Mais les nouveaux « terroristes intellectuels », les nouveau « maître à penser » de l’après-guerre, bien implantés dans toutes les sphères de la société, surtout dans l’éducation, défendent encore cette vision de la société qui n’est qu’une façon de préserver leurs privilèges – tout en prétendant le contraire, bien évidemment.
La plupart de ces « intellos de gauche », « people » et « bobos », cette élite totalement démagogique ne craint rien quant à elle et met ses enfants bien à l’abri dans le privé tout en continuant de soutenir de belles théories dont les conséquences catastrophiques ne toucheront jamais leurs enfants.
Tant que les murs de leur forteresse tiennent bon, pourquoi changer quoi que ce soit !
Vivre et laisser mourir !

Autrefois, au moins, les choses étaient injustes mais claires : il y avait ceux qui possédaient le pouvoir et l’argent et les autres ; ils méprisaient le « peuple » et ne s’en cachaient pas, mais au moins ils assumaient ce qu’ils étaient.
Aujourd’hui notre « nouvelle élite » est constituée de lâches et d’hypocrites qui crient en permanence à l’injustice sociale, culturelle ou historique parce que c’est à la mode pour se faire bien voir, mais en fait elle interdit aux pauvres et à ceux qui ont le moins de chance au départ d’accéder à une vie meilleure en saccageant l’école, l’autorité légitime indispensable à l’enseignement, au mérite et au goût de l’effort. Certes tout n’était pas rose dans le meilleur des mondes, mais l’Egalitarisme à tué l’Elitisme républicain, même s'il n'était pas parfait.






Au contraire ces merveilleux démagogues ont tout fait pour les laisser là où ils étaient, notamment en ce qui concerne les enfants d’immigrés, les renvoyant en permanence à leurs origines et en leur conseillant de ne surtout pas s’intégrer pour toutes les mauvaises raisons de la repentance historique et du relativisme culturel instrumentalisés jusqu’à l’absurde et qui encore une fois était leur fond de commerce.
Ce qui ressemble à un anti républicanisme suicidaire.
Mais qu’importe si les théoriciens et collabos de la Pensée Unique peuvent en profiter et s’en mettre plein la lampe !

Toutes ces raisons sociologiques et historiques sont développées bien mieux que je ne le fais et depuis longtemps par de brillants essayistes dont heureusement ont a encore le droit de publier et acheter les livres.

Je ne citerai en passant que Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Jean Sévillia, Max Gallo parmi tant d’autres… des fascistes insupportables, bien sûr….











































L’actualité, bien qu’elle s’évertue de le taire au maximum, est obligée de temps en temps de se faire l’écho des agressions physiques de plus en plus courantes à l’égard des instituteurs ou professeurs, que ce soit de la part des enfants ou des parents.
Je ne parle même pas des insultes qui sont le quotidien des collèges.

On sait très bien que dans certains quartiers, il est devenu impossible d’enseigner à des élèves ignares certaines matières et en particulier l’histoire pour cause de formatage anti occidental et religieux.

On sait aussi très bien que certains caïds terrorisent les établissements et les profs, mais hélas, le « politiquement correct » s’efforce toujours de leur donner les mêmes excuses, puisque ce n’est jamais de leurs fautes, qu’ils sont innocents, surtout leurs parents, que la société française et son histoire sont coupables de tous les maux – comme la société occidentale est coupable du mal absolu qui habite le monde, les « autres » ayant été et restant bien évidemment des anges...
Même principe, même discours sur des échelles différentes.
Réagir à la hauteur du préjudice demanderait de prendre trop de risques, et surtout ceux d'une explosion à caractère identitaire. Trop tard, il faudra boire la coupe jusqu'à la lie !

Que la société ait fait des erreurs, cela ne fait pas de doute. Quelle société et quel pouvoir n’ont jamais commis d’injustices ? Il en sera toujours ainsi et encore plus dans les « sociétés idéales » censées rendre justice au peuple, qui n’ont été que de nouvelles féodalités déguisées, dirigées par des castes de tyrans abominables animés par des idéologies persécutrices quasi religieuses et archaïques.





En matière de délinquance, ont a fini par magnifier les bourreaux contre leurs victimes… puisque qu’au nom des beaux principes démagogiques le bourreau est aussi devenu une victime !

On est encore une fois dans un renversement complet des valeurs judéo-chrétiennes qui au départ, historiquement, ont permis de dénoncer les bourreaux au profit des victimes. Aujourd’hui, après un rejet unanime du judéo-christianisme et de toutes valeurs morales, on assiste logiquement au retour d’une violence archaïque de plus en plus patente à tous les niveaux et il est donc normal que les bourreaux reprennent du poil de la bête au dépend de ceux qu’ils martyrisent, puisqu’on les y a encouragés.
Certes, de nos jours on se soucie des victimes jusqu’à l’hystérie, mais ce souci est devenu tellement pervers et contradictoire qu’il en vient souvent à mépriser les vrais victimes. Toujours la logique paradoxale des mécanismes et surtout des belles et bonnes intentions ne cessant de pavé les chemins de notre futur Enfer.

Voir la Théorie girardienne que beaucoup d’entre vous connaissent aujourd’hui, l’influence fondamentale du judéo-christianisme dans la dénonciation des mécanismes de persécution depuis l’origine du monde et les effets pervers d’une Modernité ayant rejeté le christianisme de manière épidermique sans se rendre compte qu’elle n’a jamais été aussi « chrétienne », et façonnée par l’héritage unique de cette religion.






Ce gigantesque mouvement de refus de toutes formes d’autorité, celle du pouvoir légal, de la Nation, des parents, des institutions, des adultes, le délitement de la famille, etc… ne pouvait conduire qu’à la faillite générale dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Avec le risque d’une crise majeure, d’une « crise mimétique » violente et incontrôlable de la société au nom des rivalités et des ressentiments toujours plus agressifs, du communautarisme et de revendications identitaires ou religieuses rampantes, surtout si nous devions assister à un effondrement économique gravissime, puisque la compétition et la satisfaction sans limite des désirs privés de règles contraignantes ne peut être aujourd’hui contenue que par l’économie. (voir encore le Chapitre de la Modernité dans la Théorie girardienne : la Modernité étant une « crise sacrificielle » permanente)

« Si le mouvement historique de la société moderne est la dissolution des différences, il est très analogue à tout ce qu’on a nommé ici « crise sacrificielle ». Et sous bien des rapports, en effet, « moderne » apparaît comme synonyme de « crise culturelle. »
(René Girard – La Violence et le sacré)






J’ai eu la chance d’être élevé dans une époque qui n’était pas encore complètement celle de la Société de consommation et de la satisfaction impérieuse de tous les désirs, de la dictature des « gosses ».
L’éducation, sans y être épouvantable, se faisait « d’elle-même » parce que tous les échelons de la société y contribuaient « naturellement » : les parents, en premiers lieu, n’étaient pas démissionnaires, ils ne sombraient pas dans le culte de l’enfant roi, ils n’étaient pas « paumés » eux aussi par le manque de repères, ils ne recherchaient pas à tout prix l’affection de leurs enfants et logiquement les enfants les aimaient parce qu’ils sentaient, ils savaient instinctivement des limites qu’on n’avait pas besoin de leur donner en permanence ; ils n’avaient pas le pouvoir d’exercer le moindre chantage, ils se sentaient en sécurité parce qu’ils ne pouvaient tout obtenir de leur parents, parce qu’ils savaient que quand « c’était Non, c’était Non et point final » !
On apprenait la saine frustration.




Il en était de même à l’école, l’autorité de l’instituteur et du professeur était sacrée, elle n’était jamais remise en question par les parents et si l’enfant était puni en classe, il risquait de l’être doublement chez lui. Les parents avaient « honte » de leurs enfants lorsqu’ils se comportaient mal et les enfants avaient « honte » de mal se comporter.
Et partout, y compris dans la rue, un adulte pouvait vous sermonner sans craindre de voir déferler sur lui d’autres adultes prêts à prendre la défense du « pauvre gosse » martyrisé au nom des « droits de ceci ou de cela ».
L’autorité s’exerçait partout. Tout n’était pas permis et beaucoup de choses étaient Devoirs et légitimes Contraintes.
Y avait-il des abus ? Evidemment. Des injustices ? Bien sûr ? Des punitions imméritées ? Bien entendu ? Et après ? On ne se plaignait pas pour un oui ou pour un nom.
La permissivité moderne ne conduit-elle pas à « encore plus d’injustice » ? Notamment en minant l’avenir des enfants croyant que tout va leur tomber du ciel ?

Certes, la parole de l’enfant était peu écoutée, trop peu parfois. Aujourd’hui elle l’est tellement qu’on en arrive à des monstruosités (voir l’affaire d’Outreau), à un aveuglement criminel.






Donnait-on des fessées ? Oui, j’en ai reçu à la Maternelle, et même « cul nu », une fois, une seule fois, avec d’autres devant tout le monde (oui ça se faisait !) ; mes parents m’en ont données, peu, mais bien à propos. Je m’en souviens clairement, mais je n’ai pas été traumatisé pour autant, et ces fessées n’ont pas inhibé ma spontanéité et n’ont pas fait de moi un asocial irrécupérable.
Ai-je reçu des claques et des coups de pieds aux fesses ? Oui, parfois de la part de certains moniteurs et jamais je n’aurai osé le dire à mes parents car j’aurai eu trop honte. On gardait ce genre de chose pour soi, on encaissait, mais ça marquait tellement qu’on ne recommençait jamais ce pourquoi on avait été réprimandé, surtout physiquement.
Ça donnait de l’endurance pour la suite, on apprenait à supporter l’autorité, même abusive et à l’adolescence, on ne se rebellait pas pour un oui ou pour un non. En tout cas en ce qui me concerne, car il y a aussi une question de caractère personnel et j’en ai vu beaucoup ayant eu la même éducation profiter de l’évolution post soixante-huitarde pour se défouler.

Est-ce une éloge de la punition corporelle ? Non, je n’ai pas de souvenir d’une telle pratique récurrente, c’était occasionnel, parfois dur et un peu humiliant, mais toujours justifié et jamais pervers. Du moins, du point de vue de mon expérience. (je ne dis pas encore un fois qu’il n’y avait pas de dérives, c’est inévitable).

On avait parfois peur des Maîtres, mais on les respectait et on les aimait parce qu’ils étaient justes, sûr d’eux-mêmes et de ce qu’ils nous enseignaient. La société ne les remettait pas en question à chaque instant.







En arrivant au Lycée, j’ai assisté, après 68, à la longue descente aux Enfers des profs et de l’institution, aux grèves de lycéens et collégiens à répétition : quelles que soient les réformes proposées sur l’enseignement, il fallait les contester pour les contester sans même savoir ce que l’on contestait, sans même en connaître le contenu.
Ça n’a pas changé et ça permet à de petits dictateurs en herbe de s’exprimer au dépend des autres, de bloquer le système et de condamner tout le monde à toujours plus de médiocrité et de moins en moins de réussite.
La contestation et la revendication étaient (et restent) devenues des formes d’expression en soi.
On avait donné le pouvoir aux ados, ils ne se gênaient pas pour en profiter !
Logique de la nature humaine : dès qu’il y a une faille, elle s’y engouffre, comme l’eau par une fissure.
Eloge de « l’Ordre » brutal ? Non, éloge de « l’Ordre qu’il faut là où il le faut » et sans complaisance, c’est tout !

J’ai vu des professeurs de plus en plus chahutés, et c’était loin de ressembler à ce qui se passe aujourd’hui ; j’ai eu beaucoup de peine pour eux, surtout que je venais moi-même d’un milieu d’enseignants.






Lorsque j’ai débuté dans l’éducation, à 18 ans, il était encore possible d’avoir de l’autorité envers les enfants sans être trop montré du doigt.

Aujourd’hui c’est un véritable calvaire. Elevé la voix, réprimander même à juste titre, suffit à vous désigner comme un affreux fasciste réactionnaire. Les démagogues vous tombent dessus illico : il y a selon eux toujours une troisième voix entre ne rien faire et trop faire. De toute manière c’est toujours trop. Eux connaissent bien sûr les bons comportements, la bonne réponse, la bonne méthode à avoir avec les enfants. On voit bien à quel point ça marche ! Hélas, dans la réalité c’est une autre histoire. En fait ils « négocient », ils « discutent », ils n’imposent jamais rien et donc ils abdiquent leur autorité.

Il y a un véritable déni des fonctionnements de la Nature humaine. Ils ne veulent pas admettre que les enfants ne sont que dans les rapports de force, qu’ils testent, qu’ils jouent, qu’ils mentent pour obtenir ce qu’ils veulent.

Et ces gens-là, au nom de beaux principes inapplicables, refusent de jouer leur rôle d’adultes, de référents, de père, d’image de l’autorité nécessaire et rassurante. Combien de fois est-ce que je vois des pères qui sont des sortes de « mères de substitution » ?
Ils n’osent pas jouer leur rôle, puisque la société le leur a interdit. C’est mal vu ! Ils ont effectivement été « féminisés » à outrance au point que de nombreuses femmes se plaignent de ne plus rencontrer « de vrais hommes » dignes de ce nom, même dans leur intimité ! (il y a eu récemment une excellente émission sur Arte à ce propos : Les monologues du Pénis). Voir aussi Le Premier sexe d'Eric Zemmour, livre au combien polémique ! Mais c’est vrai, je le vois tous les jours, les hommes sont devenus des « secondes mères » et non l’autorité et la loi intrinsèque à la famille qui compensait l’amour idéal d’une mère aimante et « biologiquement » plus compréhensive, puisqu’elle avait enfanté elle-même.
Entre le machisme primaire et la féminisation masculine caricaturale, il y a tout de même un juste milieu !
Rassurez-vous, je fais aussi la vaisselle, le ménage, les courses, j'ai changé des couches mais je ne suis pas devenu une Seconde Maman.




Quand on regarde les émissions Super Nanny ou Le Grand Frère, quoi qu’on en pense, un même schéma revient en permanence dans les familles avec des enfants devenus ingérables : absence totale de l’autorité du père et mère ne pouvant assumer conjointement le rôle de la mère et du père.

Les « faux parents » condamnent donc leurs enfants à être livrés à eux-mêmes, à leurs angoisses, à leurs peurs, puisqu’en tant qu’adultes ils ne les rassurent jamais : personne n’est à sa place, c’est l’enfant qui fait la loi et l’adulte qui obéit et cède.

Combien de fois ai-je vu des enfants de 3 ans imposer leurs caprices ? Moi il me suffisait d’un regard et ils s’arrêtaient sous l’œil étonné de leur géniteur.
Ben oui, c’est ça l’esprit de l’autorité, c’est en avoir l’attitude, le comportement et l’assumer, ne jamais être le copain ou l’ami, être l’adulte pleinement et entièrement.

Combien de fois ai-je vu des enfants de primaires et même de maternelle se plaindre à leurs parents de la moindre remontrance et leurs parents venir immédiatement voir le directeur pour se plaindre à leur tour ? Et le directeur obligé de faire amende honorable parce qu’il ne peut se mettre à dos les parents ni les sacro-saintes associations de parents d’élèves qui font parfois la loi à l’intérieur même des écoles et collèges avec des prises de positions ouvertement politiques ; un directeur obligé de composer en sachant qu’il ne sera pas soutenu par une hiérarchie dont le mot d’ordre est Surtout pas de vague : Les parents sont des électeurs, ils ont un poids considérable.

Dans cette atmosphère d’inquisition permanente, on se sent surveillé, épié, on n’ose plus rien faire, plus rien dire de peur d’être taxé immédiatement de tortionnaire ! On vous demande de faire appliquer des règles mais en même temps on vous prive de votre autorité : on est dans une situation schizophrénique !
Mais n’est-ce pas aujourd’hui le cas partout dans la Société ?

En général, chacun préfère « démissionner » à un niveau ou à un autre, c’est devenu un était d’esprit, une manière d’être.
Alors imaginer lorsque vous ne le faites pas ! Faut assumer, c’est une forme de résistance passive et active, rien de moins.

Ne parlons pas non plus des problèmes de « racisme » et « pseudo racisme », de « chantage au racisme » qui peuvent s’amalgamer et être immédiatement instrumentalisés par les uns ou les autres au nom de telle ou telle idéologie en cas de litige.
Alors on met le couvercle, notamment en matière de religion, en laissant parfois faire des choses inadmissibles dans une école laïque au nom du « respect de la diversité culturelle ». Bien souvent, l’école laïque n’est pas celle qui défend le mieux la Laïcité, hélas, comme pour la République.






L’école républicaine n’enseigne plus la République, n’impose plus ses valeurs, ses fondements et bien souvent elle devient antirépublicaine à force de renoncement. Elle n’apprend plus depuis longtemps le goût de la Nation, de l’Histoire, de la Culture à cause de ce relativisme moral et culturel qui a fait des ravages et que nos enfants vont payer très cher.

Aller parler d’enseignement de l’Esprit de Défense dans certains quartiers alors qu’il fait partie des Conventions signées entre l’Education nationale et le Ministère de la Défense ! Impossible, les antimilitaristes de la Bien-pensance veillent à ce que l’on continue de détester son drapeau, son pays, son armée, ses héros et toute son histoire militaire.

Bien sûr, il y a des instituteurs et profs remarquables qui se battent avec ce qu’ils ont, qui font ce qu’ils peuvent. Tout dépend de l’établissement et de l’équipe pédagogique qui les entoure, du directeur, du proviseur, du quartier, des parents…
C’est un concours de circonstance, une loterie, chaque école, chaque situation est différente.

En tout cas, ce n’est pas parce que je suis sans concession sur l’autorité que je suis moins aimé des enfants, bien au contraire. Passé le cap de la surprise, lorsqu’ils ne me connaissent pas et me prennent inévitablement pour « le méchant de service », puisqu’ils n’ont pas l’habitude, ils finissent par m’apprécier parce que je suis à l’écoute « à l’intérieur des règles » (et non avant de poser les règles) et que je n’exerce jamais mon autorité inutilement ni gratuitement. Ils savent que je ne leur passerai rien, que « Non, c’est non et qu’il n’y a pas à discuter », qu’une punition est une punition et que je ne m’excuserai pas de la leur donner. Mais ils savent aussi que je suis toujours là et qu’ils peuvent compter sur moi.

Que je suis donc sécurisant physiquement et psychologiquement. N’est-ce pas mon rôle d’éducateur et d’adulte ? Peut-on me dire ce qu’il y a de mieux pour rassurer des enfants, au lieu de se masturber avec de belles théories ?
Moi je suis dans le « réel », dans le concret, et je fais ce qu’il faut de manière proportionnée. Mais quand il faut taper du poing sur la table, je n’hésite pas au nom de je ne sait quelle démagogie irréaliste. C’est tout.






Je pourrais continuer ad vitam eternam sur la question. J’ai vécu des situations pénibles et absurdes, j’ai eu parfois des menaces physiques, pour une punition ou une claque sur les fesses (Ouhlàlà ! le vilain tortionnaire qui frappe les enfants et les martyrise !). Mais comme j’ai la chance d’être sportif et pas trop mal bâti, je m’en suis plutôt bien sorti !

Et oui, dès qu’il n’y a plus la barrière de l’autorité, les « distances girardiennes » de l’ordre social s’estompent et l’on tombe mécaniquement dans le rapport de force physique.

Voilà pour une première réflexion et un premier témoignage.

Il y a quelques temps, suite à un énième coup de sang, je m’étais mis à la rédaction d’un livre relatant mon expérience d’éducateur et les tristes situations que j’ai vécues. J’avais choisi pour titre :


Itinéraire d’un Educateur
ou au secours mes frères, sauvez-moi, je suis
« autoritaire », « fasciste » et « réactionnaire » !



Peut-être le continuerai-je lorsque j’en aurais le temps.

Aujourd’hui de nombreux livres ne cessent de dénoncer les ravages de la faillite de l’enseignement et de l’éducation.

La Fabrique du crétin, La Querelle de l’école, Urgence école, Journal d’une institutrice clandestine… et tant d’autres témoignages.




















A noter aussi un livre passionnant sur les manipulations politiques et idéologiques des manuels d’histoire.





« Le temps où l'école était indifférente aux tensions du monde est révolu. Les événements sont à peine survenus qu'ils sont déjà au programme. Aux enseignants revient la difficile tâche de transformer l'écho en information, la rumeur en connaissance. Quel discours l'école tient-elle sur le monde du début du XXIe siècle, ce monde bouleversé par les attentats du 11 Septembre ? Barbara Lefebvre et Ève Bonnivard sont allées explorer ce qu'en disent les manuels d'histoire de collège et lycée, qui restent le principal outil de travail des enseignants et des élèves. Soumis à diverses influences, médiatique, familiale, scolaire, ces derniers ont sans doute un bien meilleur accès à l'information que leurs aînés, mais la comprennent-ils pour autant ? L'école les aidera-t-elle à l'interpréter, l'analyser ? Les auteurs décryptent finement tous les messages et dérives idéologiques qui imposent aux élèves une certaine vision du monde actuel.
Elles aboutissent à ce constat stupéfiant : les manuels ne sont-ils pas en train de fabriquer une génération anti-américaine ? Terrorisme, jihadisme, puissance américaine, alter-mondialisme, mutations de la société française, rôle de la France dans le monde, autant de thèmes traités par les manuels et dont le décryptage révèle une photographie de l'opinion française actuelle, inquiétante pour l'avenir. »


Et un blog très intéressant posant nombre de questions relatives à ce dont nous venons de parler.





Genèse, Education, Indiscipline à l’école, violence à l'école, Autorité à l'école, Principes…. Vous pouvez cliquez sur de nombreux autres liens à l’intérieur du site.





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Dans mon roman, Décomposition, à travers les réflexions de mon personnage principal, Antonio, j’avais fait quelques pages sur la faillite de l’éducation, de la société et de l’autorité nécessaire à l’apprentissage. Comme je l’ai déjà dit, lorsque j’aborderai sur mon blog certains sujets qui sont traités dans le livre, je vous les livrerai à titre d’extraits.

Voici celui qui concerne l’Education.




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2 commentaires:

  1. Excellent article, que j'approuve totalement et qui confirme les impressions que j'ai reçu de mes quelques expériences avec des jeunes enfants.

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  2. Merci Gabriel, ce qui m'encourage à en faire d'autres et à parler plus précisément de mes aventures en Zone de Combat Asymétrique : je veux dire en milieu hostile, celui des parents démagogues et démissionnaires et de leurs futurs Bambin tyranniques !... lol !

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