12/07/2009

Michaël Jackson ou l’idole d’un religieux archaïque planétaire

L’Arène et le Théâtre
Scène 21




Bonjour mes bons Amis.

Là, vraiment, je ne pouvais pas laisser passer ça après avoir fait un long résumé de la Théorie girardienne et proposé un texte remarquable de Lucien Scubla s’intitulant Les hommes peuvent-ils se passer de toute religion ?

L’idolâtrie de la star défunte organisée à travers une sur-médiatisation planétaire résonne comme une évidence : les hommes ne peuvent pas se passer de Religion et plus que jamais :

« Le sacré, c’est tout ce qui maîtrise l’homme d’autant plus sûrement que l’homme se croit plus capable de le maîtriser. »(René Girard)




Rappelons en quelques mots ce que disent René Girard et Lucien Scubla : en croyant pouvoir reléguer la Pensée judéo-chrétienne dans les limbes d’un passé antédiluvien qui serait la source de tous les maux depuis deux mille ans, c’est justement de cette manière -- suivant la Grande Loi du Paradoxe propre à l’Humanité -- que l’on retourne plus sûrement encore vers le religieux archaïque.

Pourquoi ?
Parce que dans ce monde qui cherche en permanence à dissimuler, « à dissoudre » le Réel dans l’Idéologie, (dans le Mythe et le mensonge), comme dit Girard, donc à masquer en permanence les mécanismes de la Nature humaine et les fondements de l’Humanité, on reste victimes de ces mêmes mécanismes qui sont toujours liés à la Violence et au Religieux, tous deux indissociables et condition sine qua non de l’évolution de l’Homme et de l’origine de toutes les Cultures.




Le religieux archaïque c’est quoi ?
A l’origine les groupes de pré-humains développent une capacité unique : un Mécanisme mimétique (d’imitation) sans limite -- contrairement à celui des animaux circonscrit à travers des codes de dominations indépassables -- et qui va lui permettre l’hominisation, c'est-à-dire de passer du stade animal à celui de l’humain.

Ce pré-humain se transforme en un « Etre de désir ». Le désir de chacun va vouloir imiter le désir des autres pour s’approprier telle ou telle chose et donc entrer dans une compétition imitative, une « rivalité mimétique » permanente avec ses semblables. Cette compétition qui lui assure une évolution fulgurante a une contrepartie dangereuse : elle peut aussi, par le biais de cette imitation, dégénérer en violence collective et menacer la communauté entière de disparition.

La nature à trouvé une solution : en désignant au hasard, arbitrairement, un Bouc émissaire censé être coupable des malheurs de la communauté, elle reporte la Violence de Tous sur Un Seul et le sacrifie dans une hystérie collective qui expurge du groupe la totalité des violences individuelles dressées les unes contre les autres.

Cette victime innocente, mais que tous croit coupable « parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font », qu’ils ne sont pas conscient des mécanismes de leur violence, est alors déifiée dans un processus inverse parce qu’elle ramène la paix et sauve tous les membres de la communauté du déchaînement incontrôlé de leur brutalité.

Ce « mécanisme de sauvetage inconscient » est alors, après sa première manifestation spontanée, reproduit à travers des rites et des sacrifices, afin de préserver cette communauté d’un retour de l’emballement de la violence mimétique collective.
Puis le récit de cette Crise est raconté à travers une histoire déformée par l’hystérie sacrificielle originelle et on lui donne le nom de Mythe, donc une fable, un mensonge : le mensonge sur la culpabilité de la victime émissaire qui n’est en fait jamais coupable et toujours innocente.
Tant que les hommes croient à la culpabilité de cette victime, le Mécanisme de bouc émissaire marche à merveille pour circonscrire la violence collective de toutes les communautés humaines.

Sans le Sacrifice humain, il n’y aurait donc jamais eu d’Humanité puisque tous les hommes se seraient massacrés les uns les autres (ce qui est peut-être arrivé à certaines communautés ne possédant pas un « instinct de Bouc émissaire » suffisamment développé). Grâce à ces sacrifices, les rites deviennent les premiers éléments de la culture humaine. Sans le Sacrifice il n’y aurait donc pas eu non plus de culture, puisque pas d’Humanité.
Donc, toutes les religions archaïques, toutes les communautés humaines et toutes les cultures proviennent du Sacrifice et sont fondées sur le sang d’une première victime immolée : le Meurtre fondateur.




C’est le Judéo-christianisme qui va découvrir la vérité sur ce mensonge en répétant que la victime est innocente et que les hommes sont coupables de persécution arbitraire à son encontre.
En s’offrant à la violence des hommes et en mourant sur la Croix, le Christ devient le Bouc émissaire qui va révéler la supercherie, le mensonge du Sacrifice : le christianisme ne fonde plus une religion sacrificielle malgré le meurtre du Christ, mais au contraire dénonce à travers lui les mécanismes persécuteurs de toutes les religions.
A partir de la Passion, on peut de moins en moins être un bourreau sans le savoir ou en faisant mine de ne pas le savoir.

Malgré les dérives sacrificielles que les hommes vont continuer de produire au nom du christianisme et en totale contradiction avec ses fondements, c’est le message originel qui va malgré tout s’immiscer au cours des siècles dans la conscience occidentale, qui va développer son sens critique envers sa propre violence, combattre la Pensée magique et les superstitions et donc permettre l’avènement de la Raison et de la Pensée scientifique.

La Révélation chrétienne n’étant, d’un point de vue anthropologique, que la Révélation des mécanismes de persécutions et de boucs émissaires.




Au 18ème siècle, les pourfendeurs de l’Eglise et de ses dérives politiques n’ont pas vu qu’ils devaient ce « sens critique » au Judéo-christianisme lui-même, seule religion qui a permis la désacralisation du monde, engendré sa propre remise en cause et même son rejet.

En conséquence, comme le montre très bien Lucien Scubla, les mécanismes persécuteurs de la Nature humaine étant restés intacts, les hommes du 18ème, du 19ème et du 20ème siècle ont élaboré de nouvelles religions sacrificielles sans le savoir. La Révolution française, le Communisme et le Nazisme sont fondées dans le sang et le sacrifice de nombreux boucs émissaires, donc de nouvelles religions laïques sacrificielles n’avouant pas leurs noms.

Mais le mensonge archaïque de la persécution légitime du Bouc émissaire ne fonctionne plus puisque, grâce au Judéo-christianisme, on a compris que les victimes sont innocentes et les bourreaux coupables, ce qui conduit à sacrifier toujours plus de victimes pour toujours moins d’effets.
Le Sacrifice ne marche plus et les victimes sacrifiées ne ramènent plus la paix dans les communautés : ils n’y a plus d’alternative, il n’y a plus de victimes « pour nous sauver la peau » et réguler notre violence, plus de Dieux vengeurs avides de sang ; les hommes sont définitivement responsables de cette violence et donc de leur survie.




En rejetant la Pensée chrétienne ayant permis la dénonciation des mécanismes de la Violence collective, (ou en la caricaturant jusqu’à sombrer dans la Compétition victimaire ou le Reniement de soi), les hommes se tirent une balle dans le pied et retournent sans même s’en rendre compte à des mécanismes ancestraux tout en croyant de bonne foi s’en éloigner pour le meilleur alors qu’ils vont peut-être vers le pire.

A travers les prophéties apocalyptiques, le christianisme semble nous dire qu’il n’est pas sûr de réussir et prévoit éventuellement son propre échec : les hommes ne seront peut-être jamais capables de devenirs responsables et de maîtriser leur violence à cause du trop puisant mécanisme mimétique qui a pourtant permis leur survie et leur existence en tant qu’être humains -- mécanisme auquel ils restent profondément inféodés.
Même la connaissance intellectuelle objective des mécanismes de leur violence ne les conduira pas forcément à être capables de la contrôler, de l'orienter, c'est-à-dire de choisir le bon mimétisme avec retenu – celui de la saine compétition qui fait évoluer positivement – et non le mauvais – celui qui conduit à la violence de Tous contre Tous.

Le constat est sans appel : le religieux demeure omniprésent sous des formes variées et tout ce que l’on vit au quotidien n’est que du « religieux dégradé ».




« Mille choses montrent d’ailleurs que tous les matériaux générateurs ou constitutifs du religieux demeurent présents dans nos sociétés individualistes, mais errent, pour reprendre la formule de Schumpeter, comme des chiens sans maître, ou ébauchent de nouvelles formes de ritualisation.

Goût pour les sports extrêmes confinant à l’ordalie, enthousiasme collectif à l’occasion de compétitions nationales ou internationales, épreuves physiques et dépenses d’énergie gratuites, consommation de drogues, recherche obsessionnelle de la propreté corporelle, propension des esthètes et des intellectuels à sacraliser la violence, phénomènes de contagion mimétique et d’unanimité haineuse contre un bouc émissaire, intérieur ou extérieur, à l’occasion de séismes politiques, ou prétendus tels, goût pour le style oraculaire, espoir toujours renaissant d’un « autre monde », passion pour la généalogie, culte de l’art sous toutes ses formes ou, à l’inverse, sanctification de la nature polluée par l’activité humaine, prolifération de manifestations festives en tout genre, etc.
Les prêtres n’exigent plus des fidèles le jeûne du Carême, mais les régimes amaigrissants imposent à leurs adeptes des restrictions bien plus drastiques; ils ont supprimé les processions, mais les randonnées pédestres font florès; les fidèles ne fréquentent plus les églises, mais les touristes y viennent en masse; ils n’ont plus le temps de suivre les offices religieux mais font des kilomètres et patientent pendant des heures pour assister à une exposition. Les rites patriotiques périclitent, mais le tour de France cycliste ne fait sans doute pas moins pour l’unité de la nation que, jadis, la circumambulation royale ou, naguère, la lecture du « Tour de France par deux enfants ». Pour maints suiveurs, il a, comme ce dernier, valeur de rite initiatique, avec des séquences presque aussi éprouvantes que celles de véritables cérémonies d’initiation, etc. » (Lucien Scubla)




« Le rejet de la « connaissance évangélique » conduit toujours à un retour de la « méconnaissance victimaire ».

Nous ne sommes pas sortis du religieux, c’est un leurre de le croire.
D’une part parce qu’on retrouve dans le religieux archaïque l’origine de toutes les institutions politiques ou culturelles.
Et que d’autre part, « Tous les rites, même dégradés que nous observons aujourd’hui sans le savoir, ont un lien plus ou moins lointain avec le mécanisme victimaire puisqu’il est au fondement de l’Ordre culturel »(Eric Haeussler – Des figures de la violence)
Nos institutions et traditions sont des remparts qui se sont substitués à celui du religieux mais en gardent la trace (les dirigeants sont des boucs émissaires divinisables et sacrificiables à volonté, « tirer les rois » à l’occasion de la galette, c’est aussi désigner un bouc émissaire…), et nos nouveaux idéaux découlent directement de l’introspection et du recul permis par le Judéo-christianisme : l’exigence de l’égalité citoyenne et démocratique à travers la Déclaration des Droits de l’Homme ressemble aux Dix Commandements, la laïcité etc. Les fêtes populaires, aussi pacifiques soient-elles, étaient autrefois des manifestations collectives sacrificielles.
Tous les jours dans notre vie quotidienne, nous continuons de produire de la Persécution et des Boucs émissaires de manière anodine sans le savoir : en disant du mal des autres, en rejetant nos responsabilités sur tel ou tel…
La société de consommation n’arrête pas de stimuler le Désir mimétique pour nous donner envie de ressembler à untel ou unetelle, de posséder tel objet ou tel autre :
Le star-système est un formidable espace sacrificiel virtuel, une machine à fabriquer des dieux que nous adorons et sacrifions à un rythme effréné (en sens inverse du mécanisme archaïque) et certaines émissions se sont fait une spécialité de la « mise à mort » de leurs candidats ; ce n’est ni plus ni moins qu’une copie conforme du Mécanisme sacrificiel ancestral. Ne parle-t-on pas non plus de « lynchage médiatique » ?

N’observent-on pas dans les sociétés occidentales de plus en plus de comportements tribaux à travers les rites et la violence des gangs, le repli identitaire, les piercings et les tatouages, la musique répétitive et martelée des « rave party » « techno » ou « trance » (qui porte bien son nom) propres à entraîner des centaines d’individus dans une sorte de furie collective ou l’on consomme souvent de la drogue pour s’abrutir ; le Rap c'est de la psalmodie – encore des résurgences de fêtes sacrificielles. (on comprend que les mythes aient pu rapporter des histoires totalement déformées de l’événement lorsque l’on pense à cet état halluciné dans lequel devaient se trouver les participants : demandez donc aujourd'hui à quelqu’un de parfaitement rationnel, de cultivé et pas du tout superstitieux qui participerait à une Rave Party de raconter ce qui s’est passé après une nuit de délire, de danse, de drogue et d’alcool !).

On voit aussi la multiplication des sectes et l’adoration de dieux et idoles de tous poils, les stades remplis à craquer de milliers de personnes venus adorer les « dieux du sport » ou les Jeux Olympiques, manifestation religieuse planétaire elle-même directement imitée de celle des Grecs ? Nous adorons des Dieux immatériels : le Dieu Argent, le Dieu du culte de soi, avec l’individualisme nous devenons notre « propre Dieu »… des Dieux de la politiques, de l’Histoire, de l’Art… etc… tout est aujourd’hui, plus encore qu’hier, sujet à devenir Modèle et Idole.
Autant de modernes Veaux d’or.
Le cinéma puise à foison dans des univers magiques fantastiques, mythiques et essentiellement celtiques comme celui du Seigneur des Anneaux. On ne compte plus les Séries télé et les films basés sur le Fantastique, les esprits ou les fantômes d'un Au-delà ou d'une autre Dimension. La culture des enfants et des ados tourne en permanence autour de la Pensée magique à travers Harry Potter, Le Monde de Narnia, les jeux de rôles comme Donjons et Dragons, des jeux de cartes et des jeux de stratégie peuplés de créatures fantastiques, les Warhammer qui reproduisent à l’infini des mondes antiques et moyenâgeux intemporels habités de magiciens, de monstres, de guerriers hybrides de toutes sortes, etc., des univers composés de magie, de superstition et de culture païenne. Les mondes fabuleux des jeux-vidéos empruntent à toutes les mythologies avec des héros et des quêtes initiatiques d’un autre âge ou d’un âge fantasmé, donc du Mythe. (Certains prophétisent à cet égard un retour en force des religions ancestrales et archaïques, voire le souhaitent pour réarmer les esprits affaiblis par « l’esprit victimaire » du Christianisme qu’ils perçoivent, à l’instar de Nietzche, comme un affaiblissement des capacités vitales de l’Occident à survivre).
Certaines émissions télé se font une spécialité des quêtes initiatiques primitives et héroïques de survie en pleine nature avec des groupes dont les membres sont en rivalité et doivent s'éliminer les uns les autres… Nos origines nous poursuivent et nous fascinent.
On se passionne pour l’occultisme, le satanisme, les croyances primitives ou les fêtes d’un autre âge qui reviennent en force et dans lesquelles on se déguise pour reproduire un monde révolu perçu à présent comme porteur de merveilleux, de beauté et de valeurs perdues, preuve du désenchantement du monde moderne ; bien entendu, aussi séduisantes ces fêtes soient-elles, on oublie encore, pour certaines d’entre elles, qu’elles se déroulaient à une époque où l’on pratiquaient les Sacrifices humains et parfois le cannibalisme…
Même en vivant dans la culture du rationnel et de la technologie on affiche des comportements superstitieux en consultants des marabouts, des sorciers ou des gourous, des voyantes, des astrologues, des prédicateurs de ceci ou cela, on porte des gris-gris pour conjurer la malchance… » (Résumé Théorie girardienne - 4ème Partie)




Ainsi, privés de transcendance et de spiritualité, l’homme se trouve à n’importe quel prix des idoles devant lesquelles se prosterner, des idoles de substitution dans lesquelles il espère toujours entrevoir un Paradis à venir pour se rassurer, redonner un sens à son existence maintenant privée de sacralité.
Les êtres sont plus encore fragiles qu’autrefois puisqu’ils sont à présent seuls et sans Dieux, confrontés à leur « effroyable solitude métaphysique » ; Dieu était l’assurance d’un Père protecteur et juste capable d’atténuer leur souffrances, le Gardien d’un monde meilleur pouvant exister « quelque part », un phare sur la mer démontée de leur infernale destinée.
Confrontés à la Peur abyssale de leur condition chimérique, les hommes ont plus que jamais besoin de soutien et courent toujours après un Protecteur, quel qu’il soit, fût-ce à travers une projection fantasmatique.




Michaël Jackson est donc bien un « Dieu » archaïque au sein d’une « religion moderne » aux multiples facettes juxtaposées les unes avec les autres en un puzzle incompréhensible et sans forme véritablement identifiable.
Crise d’identité majeure à l’échelle planétaire ?
Prémices d’un monde apocalyptique, de la « montée aux extrêmes » clausewitzienne, de la Violence de Tous contre Tous ?
Uniformisation d’une pensée unique et d’un véritable terrorisme intellectuel généralisé ?
Volonté d’abêtir et manipuler les foules en mal d’idolâtrie ?
Un peu de chaque chose s’accomplissant par le biais de forces souterraines sociétales inconscientes et impérieuses, irrationnelles ?

En tout cas, la médiatisation de la mort de Michaël Jackson pose des questions intéressantes, pour ne pas dire redoutables, en ce qui concerne les persistances archaïques des mécanismes de la Nature humaine au 21ème siècle.

Car durant les derniers jours c’est à un phénomène consternant d’abêtissement global auquel on a assisté. L’hommage qui lui a été rendu, force célébrités en tous genres toujours prêtes à se montrer et à causer pour causer, fut diffusé en parallèle et en direct sur TF1, Antenne 2 et M6 ! Et je ne parle pas du câble et autres chaînes satellitaires. Certains journaux en firent même leur première page !

Quel harmonie sans faille, quelle partition exécutée de manière magistrale par un orchestre à l’unisson, quelle unanimité, quel mimétisme à l’échelle de la planète ! Quelle déification !
Y eut-il la moindre critique du personnage et de cette célébration dictatoriale, la moindre dissonance ? Pas à la télé en tout cas. Seulement sur certains blogs et peut-être dans quelques articles de journaux, mais aucun à ma connaissance qui ait dénoncé l’outrageuse manipulation des esprits ou alors de manière feutrée.

Si ça ce n’est pas un monde orwellien, alors qu’est-ce que c’est ?





Car de qui faisait-on l’éloge internationale ? D’un bienfaiteur de l’Humanité ? D’un médecin exceptionnel, d’un Pasteur ou d’un Fleming contemporain ? D’un intellectuel ou chercheur remarquable dans un domaine ou un autre ? D’un chef d’état hors du commun ? D’un esprit « supérieur » en quelque chose ? D’un nouveau Christ ?
Non.
Pas même d’un artiste exceptionnel du point de vue musical. Juste d’un phénomène créé et monté de toutes pièces par un système commercial et médiatique dévoyé.

Certes, on peut lui accorder d’avoir été une bête de scène et une personnalité singulière.
Plus que Fred Astaire ou Gene Kelly, Chaplin ou Buster Keaton ?
Etait-il un compositeur et musicien plus original que les Pink Floyd, King Crimson, Deep Purple, James Brown, Hendrix, Armstrong, Janis Joplin, Aznavour, Brel ou mille autres de la même trempe ? Certainement pas. Ses chansons arrangées et formatées à l’extrême ne sont que des purs produits de studio et d’arrangements sophistiqués. Aucune commune mesure avec le génie mélodique des Beatles.

Quelles valeurs véhiculait-il ? Pour quel noble combat, quelle cause, quelle orientation idéologique, intellectuelle ou humaine ?
Aucune.
Ce n’était qu’un « homme » avec le mental d’un enfant de 10 ans, victime du syndrome de Peter Pan, refusant de grandir et vivant dans un monde irréel, incapable de la moindre sexualité et sur lequel pesait des soupçons de pédophilie. Quelle référence morale !




Défendait-il même la cause des noirs ? Difficile tout de même quand on essaie de se blanchir la peau durant des années ou point de devenir méconnaissable !

Un parfait produit de la société de consommation, du culte de la célébrité, de la réussite et de l’argent, le tout poussé jusqu’à l’absurde et à la caricature de ce monde moderne en mal de repères.
L’apologie de non-valeurs, de postures totalement superficielles, l’idole du néant culturel qui caractérise de plus en plus notre quotidien et principalement celui des Sociétés occidentales.
Plus il y a de vide, plus on le remplit avec Rien pour donner l’apparence de quelque chose qui ne conduit par définition nulle part et qui mène inévitablement à l’inverse de ce que vers quoi on prétend aller.

Et c’est « ça » que de millions de gens admirent, pour « ça » qu’ils ont versé et versent encore tant de larmes dans la communion d’une émotion gigantesque fabriquée de toutes pièces grâce aux plus mauvais côtés de la puissance culturelle américaine et occidentale ?
Oui.
On est donc bien dans l’Irrationnel et dans la quête d’un religieux hypothétique et sans visage.
Le visage de Michaël Jackson lui-même ?, déformé et déshumanisé, celui d’un robot à peine encore de chair et de sang, d’un « post-humain » sans véritable identité, d’une sorte zombie ne sachant même pas à quoi il joue, par quoi il est manipulé, de quel jeu pervers il est le jouet, et d’un point de vue anthropologique à quelles racines profondes et invisibles l’apparence de son existence est reliée.

Michaël Jackson l’habitant fantomatique de Neverland, le pays imaginaire, le pays de Nulle part qui n’a jamais existé, le malheureux garçon venu en effet de nulle part et se rendant nulle part ! Une métaphore de l’humanité moderne, infantile et irresponsable ?




Un pion (certes nous le sommes tous à différents niveaux) croyant avoir maîtrisé sa vie alors qu’il n’était plus que la créature lobotomisée d’un système pervers, emporté malgré lui comme un radeau à la dérive, seul et perdu sur l’océan capricieux et tumultueux d’un destin tragique et pathétique par des courants invisibles mais effrayants.
Une métaphore existentielle nous rappelant encore et toujours Pascal, Shakespeare ou Bossuet :

« Je doute quelques fois si je dors ou si je veille, je ne sais si ce que j’appelle veiller n’est peut-être pas une partie un plus excitée d’un sommeil profond ; et si je vois des choses réelles, ou si je suis seulement troublé par des fantaisies et par de vains simulacres.

Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas ! Si je la retourne en arrière, quelle suite effroyable où je ne suis plus ! et que j’occupe peu de place dans cet abîme immense du temps ! »

Certes je suis grandiloquent, mais n’est-ce pas un peu vrai ? N’est-ce pas tout simplement le reflet d’un manque d’humilité propre au culte de soi, à l’individualisme, à la dérive de notre époque désacralisée que de vouloir paradoxalement devenir le Dieu qu’on ne sera jamais, à part de façon virtuelle et mensongère à ses yeux et aux yeux de tous ?
Toujours les masques qui nous rassurent autant qu’ils nous perdent… parce que nous sommes aujourd’hui terrorisés par la Mort, plus encore qu’hier ?




Oui, je sais, mes bons amis, votre Ménestrel préféré ne va pas se faire beaucoup d’amis encore une fois ! Evidemment, ne pas bêler avec le troupeau vous place automatiquement à la place du Bouc émissaire ! Ce n’est pas à votre Serviteur, amateur éclairé de René Girard, que vous aller l’apprendre.

Mais loin de moi le désir d’accabler ce pauvre Michaël qui n’est pas meilleur ni pire qu’un autre, loin de moi l’envie de médire sur lui : je ne le détestais pas et j’ai même aimé certaines de ses créations ; il m’était gentiment indifférent par rapport à d’autres artistes qui me paraissent avoir un peu plus d’épaisseur.
Non, pas de médisance, seulement la nécessité de prendre un peu de recul par rapport à cette hystérie collective gravissime, le devoir de faire preuve d’un minimum d’esprit critique et de lucidité sur ce qui nous entoure.
Résister à cette pression mimétique qui risque à chaque fois de nous faire abdiquer toute raison, par fatigue, par découragement, de nous laisser emporter dans le flot aveugle de la médiocrité, au point de perdre notre âme déjà si difficile à conquérir…

Au bout du compte, on en revient à nos interrogations girardiennes, à nos problèmes de géopolitique et de stratégie militaire : quel est l’avenir d’un monde plongé avec délectation dans un tel aveuglement de lui-même et des mécanismes de sa propre Nature ?
« Pardonnez-leur Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Encore et toujours dissoudre le réel, ne surtout pas voir la réalité en face de peur d’avoir encore plus peur !

Quelle nouvelle forme de féodalité nous attend ? A quelle sorte de Servitude volontaire les foules se prêteront-elles tout en croyant être libres ? Quelle est l’avenir de la Démocratie dans un monde ou le plaisir est roi, ou l’individualisme entre en totale contradiction avec la défense de certaines valeurs, la notion de sacrifice, de don de soi, d’intérêt collectif ?

Le paradoxe le plus désespérant, c’est que dès que les hommes atteignent un certain degré de liberté ils s’empressent de se forger de nouvelles chaînes et de s’abêtir au nom de cette même liberté, toujours dominés par leurs rivalités et l’avidité de leurs désirs attisés par le mécanisme mimétique.




On peut se poser la même question du religieux archaïque avec le phénomène Obama, véritable aliénation collective d’une foule d’adorateurs à la recherche d’un nouveau Dieu capable de changer le monde d’un coup de baguette magique, d’un nouveau messie des temps modernes susceptible d’apporter un Age d’or auquel on se force à croire en sachant très bien qu’il n’arrivera jamais ?
Se laisser happer par l’adoration générale, aussi parce que ça fait bien, que c’est à la mode…

Et dans les deux cas, celui d’Obama ou de Jackson, je ne disserterais pas sur la dimension raciale évidente, sur le culte sous-jacent du métissage et du multiculturalisme, directement issu de la grande repentance post-coloniale qui à présent remplace des Dieux blancs par des Dieux noirs : à la vanité d’une supériorité de la race blanche on a substitué une seconde vanité, une seconde supériorité aussi délirante que la première qui prend sa source dans la pureté supposée d’un tiers-mondisme anti occidental régénérateur ; les deux faces d’une même pièce toujours aussi discriminatoire et mensongère (alors même qu’Obama ou Jackson sont par excellence des produits de l’Occident).

Récurrence des Lois de la Contradiction humaine avec ses effets dévastateurs.




Pour finir, je remarque de plus en plus souvent, au hasard du net, que de nombreux blogueurs parlent de René Girard et se passionnent pour sa Théorie.
D’autres que moi on en effet produit des résumés de la Théorie girardienne plus ou moins détaillés, et beaucoup avouent leur admiration pour le grand homme.
Ce qui prouve, que René Girard entre depuis quelques années dans les mœurs culturels de nos concitoyens et dans ceux de nombreux intellectuels jeunes ou moins jeunes, puisque de plus en plus de livres sont consacrés à sa thèse et que de nombreuses disciplines sont repensées en fonction de cette même thèse.

Après une quarantaine d’années de mise à l’écart de son œuvre par un milieu universitaire sectaire à dominante marxiste, antioccidental, tiers-mondiste jusqu’à l’absurde et surtout antireligieux et antichrétien primaire, l’œuvre girardienne goûte une revanche qui fait son chemin doucement mais sûrement.

Comme je le disais dans mon Résumé de sa Théorie, la thèse girardienne s’est révélée petit à petit à l’esprit des hommes de manière quasi souterraine et inconsciente sur plusieurs dizaines d’années comme le fit la Révélation évangélique elle-même sur plusieurs siècles.
C’est pour cela que j’ai appelé René Girard le « Révélateur de la Révélation évangélique », en ce sens qu’il a montré d’un point de vue anthropologique qu’elle avait été vraiment la fonction du Christianisme dans l’évolution mentale de l’Occident, dans son accession à la Pensée critique, à la Pensée laïque et scientifique.

C’est une bonne surprise pour la Culture anthropologique et sociologique, mais surtout, cela prouve que s’il y a un totalitarisme d’une Pensée unique visant à dissimuler le Réel en permanence en matière de mécanismes universels de la violence, il y a aujourd’hui un contre-courant avide de « Vérité », affamé de « …ces choses cachées depuis la fondation du monde », c'est-à-dire des mécanismes de persécutions, du religieux et de tous les fonctionnements de la Nature humaine, à commencé bien sûr par le Mécanisme mimétique, base de toute l’évolution de l’Humanité.

Cette « curiosité girardienne instinctive » n’est certainement pas un hasard dans un monde multiforme de plus en plus dangereux et angoissant, déstructuré et en perte de sens, désacralisé et en quête de transcendance, où les hommes « sentent bien » que, de la connaissance, de la conscience et de leur capacité à maîtriser leur violence, dépendra le sort de l’Humanité, donc leur propre avenir et celui de leurs enfants.

Cela participe certainement à une vague de fond qui dépasse les analyses rationnelles.






J’ai donc récemment trouvé par hasard sur le Blog d’Alicia une description succincte mais assez complète de ce qu’est le Mimétisme appliqué à différents domaines.
Alicia semble bien connaître René Girard.
Certains passages correspondant parfaitement au mimétisme émotionnel des foules dont nous parlions plus haut à propos de Michaël Jackson et Obama, je vous en livre quelques lignes avec l’aimable autorisation de l’auteur.


Le mimétisme et la communication

Chez Gilles Deleuze, René Girard, comme chez Gabriel Tarde, ce qui s'exprime dans les collectifs, ce sont des énergies propres à la dynamique de la masse, des grands groupes.

Certaines émotions, certains fantasmes, sont typiques des grands corps sociaux que constituent les peuples par exemple. Des émotions provoquées par une star (actrice ou chanteuse).
Ou bien par les attaques d'un "ennemi". (Cet Ennemi suprême, selon quelqu'un comme Carl Schmitt, constitue, avec l'Ami fidèle, l'un des deux pôles du couple Politique. La politique, selon ce juriste, se déroule sur la scène du milieu partagé entre une amitié et une vengeance.)
C'est qu'il y a des émotions collectives, provoquées par des événements, et portées par des courants d'imitation.

Les peuples eux-mêmes sont coordonnés par des mécanismes qui peuvent imiter un stress collectif, qui propagent une même sensation à travers tout un peuple.
En ces mécanismes de diffusion, des énergies affectives s'écoulent et produisent des hallucinations collectives. Des perceptions réellement partagées entre plusieurs partenaires de l'expérience.
Ce sont les délires affectifs qui font qu'un peuple se sent exister en tant que peuple uni.

L'unité du peuple tient essentiellement au fait que dans certaines circonstances, il est capable d'agir comme un unique paranoïaque écrivait Élias Canneti.
Dans les sociétés de communication, le pouvoir tend à produire des modèles qui régulent le comportement et l'apparence des populations et des individus.
De là cette définition du groupe social, selon Gabriel Tarde: une collection d'êtres en tant qu'ils sont en train de s'imiter entre eux ou en tant que, sans s'imiter actuellement, ils se ressemblent et que leurs traits communs sont des copies anciennes d'un même modèle. (Qu’est-ce qu’une société ?)


Mimétisme et psychologie sociale

Le mimétisme comportemental peut aussi être examiné au niveau de ses conséquences sur la société, par le biais de la psychologie sociale.
Il est en effet à la source de phénomènes de groupe ou de foule pouvant conduire à des travers comportementaux excessifs, voire des aveuglements dangereux (voir plus haut le « troisième degré »), allant du simple conformisme jusqu'à l'hystérie collective.
Par ailleurs le mimétisme peut résulter de manipulation mentale (propagande, gouroutisme)


Le nouveau blog d’Alicia à changé d’adresse. Ne le connaissant que succinctement, je peux seulement dire que cette jeune femme traite de nombreux sujets de société de manière engagée y compris parfois de géopolitique. Vous le trouverez donc à cette adresse :




Merci Alicia pour votre autorisation et bonne continuation.






Rest in Peace, Michaël, tu l’as probablement mérité, au moins pour l’enfant perdu que tu étais dans ce monde sauvage (mais dont tu as su bien profité quand même !).

Mais de grâce, vous autres, médiocres journalistes et intellos de la Pensée unique et du totalitarisme de l’acculturation, foutez-là nous, la paix en question, avec vos idoles de paille pour troupeaux de moutons bêlant en grande frénésie !

Y a-t-il une Ile, un Château fort bien défendu où votre Ménestrel puisse se mettre à l’abri de la folie mimétique du monde ?

Ah ! c’est bien vrai, mes Nobles Amis, comme le disait mon grand ami Willy, lui aussi Troubadour et Ménestrel de son état :



« Dès que nous naissons, nous vagissons et nous pleurons
d’être venus sur ce grand théâtre de Fous ! »

















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11 commentaires:

  1. Très bonne analyse. Bravo pour ce blog.

    Je cite:
    Les êtres sont plus encore fragiles qu'autrefois puisqu'ils sont à présent seuls et sans Dieux, confrontés à leur "effroyable solitude métaphysique".

    Rank l'a résumé de cette manière:
    Le type névrotique souffre d'une conscience du péché, tout autant qu'a pu en souffrir son ancêtre religieux, mais sans croire dans la conception du péché. C'est précisément ce qui fait de lui un névrosé; il se sent être pécheur sans la croyance religieuse dans le péché, pour lequel il a par conséquent besoin d'une nouvelle explication rationnelle. (The denial of death, Ernest Becker, p. 197, 198; ma traduction)

    Ceci conduit à la détresse de l'homme moderne: à savoir un pécheur qui ne peut pas s'appeler ainsi ou, pire, qui recherche le mot approprié dans un dictionnaire de psychologie, et qui aggrave seulement ainsi le problème de sa séparation et de son hyper conscience. A nouveau, cette impasse est ce que Rank a voulu dire quand il a appelé la psychologie "une idéologie principalement négative et désintégrante". (ideme, p. 198)

    Descartes disait: "D'où peut venir l'idée de Dieu, si ce n'est de Dieu lui-même?"

    Si le religieux est fondateur de toute société, c'est parce que le problème originel vient du déni de Dieu, déni qui, parce que c'est un déni, rend compte de ce qui est nié. Ce déni est une croyance (seulement une croyance, parce que c'est impossible en réalité) en la séparation d'avec Dieu. Cette croyance en la séparation, ce déni, est une violence faite à soi-même, car cela conduit indubitablement à une méconnaissance de soi-même, à une condition de doute, à une condition humaine, à une condition pathologique qui demande une guérison (le salut).

    Nous vivons par le mimétisme parce que le refus de l'Absolu (Dieu) crée du relatif, et dans le relatif, tout n'existe que par comparaison, que par rapport à autre chose, d'où la psychologie interdividuelle de René Girard. C'est pourquoi la psychologie parle de la personnalité ou du caractère comme d'un mensonge vital qui veut faire croire à une véritable singularité quand tout n'est qu'imitation de modèle. Toutes les différences proviennent d'une violence originelle, et Kierkegaard l'avait très bien compris quand il a dit que devant l'Absolu (Dieu), le relatif ne peut pas exister. Qui peut donc se présenter devant Dieu à moins qu'il ne reconnaisse, à l'instar de Jésus, qu'il est fils de Dieu?

    Georges

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  2. En tous cas, cetet frénésie m'inquiète car, au fond, qu'a fait Michael Jackson pour l'humain ?
    A part le faire danser ?

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  3. Merci Georges pour ce commentaire, vous m'apprenez des choses très intéressantes. Pour Becker, je le lirai finalement au moi d'août calmemant car en ce moment j'ai de longues journées. Vous êtes le bienvenu en tous cas...

    Bonjour Alicia.
    Cette frénésie mimétique a toujours existé, seulement aujourd'hui elle est démultipliée par le système médiatique et les "idoles" ont donc encore plus de promotion planétaire. Qu'on aime ou non Michaël Jackson, je ne crois pas que l'important soit ce qu'il ait fait ou non pour l'humain, c'est un artiste (en ce sens il "a fait pour l'humain", ne lui en demandons pas plus, le monde a aussi besoin d'artistes. C'est simplement cette disproportion qui est affligeante ; autrefois, au temps de Shakespeare ou Molière, les artistes étaient considérés comme des valets et pourtant il n'y eu pas de plus grandes avancées artistiques qu'à ces époques-là. Aujourd'hui c'est le contraire, la dimension artistique est extrêmement médiocre et bénéficie d'une publicité inégalée dans l'histoire ; celle-ci ne repose pas sur le contenu mais sur les personnages, la marchandisation et tout ce qu'il y a d'apparences autour. Le mimétisme est donc de plus en plus excité avec le besoin de modèles et d'idoles, surtout dans un monde désacralisé à la recherche de spiritualité, de religieux sous quelque forme qu'il soit. Nous vivons un retour du religieux archaïque de manière dégradé. (voir le texte de Lucien Scubla que vous trouverez sur ce blog dans les Catégories à "Lucien Scubla"). La frénésie mimétique est inquiétante, car la foule est "toujours violence" depuis le départ, puisqu'à l'origine elle produit des boucs émissaires qui fabriquent le Sacré en se transformant en Dieux pour circonscrire la Violence collective... Le mental de l'homme reste le même depuis des milliers d'années ; en privant le monde de boucs émissaires pour contrer la violence, nous risquons donc de ne plus pouvoir l'éradiquer. Comme dit Girard : "Autrefois la violence (le Sacrifice), produisait du Sacré, aujourd'hui elle ne produit plus rien qu'elle même, car le système sacrificiel ne marche plus à cause de la Révélation évangélique qui a montré que nous étions des persécuteurs sans nous en rendre compte ; il n'y a donc plus de boucs émissaires pour nous sauver la peau car nous savons aujourd'hui que les victimes sont innocentes et les bourreaux coupables. Toujours plus de violence pour toujours moins d'effet stabilisateur" (voir Théorie girardienne)

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  4. on fait partie de cette foule, mais on ne se retrouve pas dans ces théories délirantes. on est tous foule, vous y compris, et si vous n'avez pas eu une once de regret pour la mort de MJ que vous traitez de médiocre....on peut lui rendre hommage sans en faire une idole. enfin... une manière de se placer dans le camp détracteurs. mais il y en a qui vont retster, quoi qu'il en soit, dans celui des boucs émissaires.

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  5. Cher anonyme,
    Ces "théories délirantes" ne sont que l'explication anthropologique de Mécanismes qui nous dominent sans que nous nous en rendions compte et que l'on "s'y retrouve ou non", qu'on les comprenne ou non, ne change rien à la Réalité des fonctionnements de la Nature humaine.
    Je ne déteste pas Michaël Jackson, je relativise simplement son apport musical par rapport à d'autres. Vous avez raison, on peut lui rendre hommage sans pour autant verser dans l'idolâtrie, mais ce n'est pas ce qui se passe pour un grand nombre de gens ; en ceci, ils font effectivement partie d'une "foule" adoratrice d'un nouveau "Religieux archaïque"... donc, qu'il soit déifié ou sacrifier, Michaël Jackson, par définition, comme n'importe quelle star, est un "Bouc émissaire" au sens le plus anthropologique du terme...
    Merci pour votre commentaire.

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  6. tu veux savoir ce qu'a fait de bien michael jackson?

    alors écoutes et lis la traduction des paroles de man in the mirror, heal the world, we are the world,earth song, on the line,etc...

    Et surtout sache que Michael a donné plus de 450 millions de dollars à des oeuvres de charité, qu'il a invité des enfants malade du cancer chaque semaines à neverland, qu'il a reversé tout l'argent de sa tournée victory et dangerous à des hopitaux, etc...

    personne au monde n'a jamais fait ça

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  7. Bonjour ,

    J'ai lu tout ce post parce que je suis un " fan " de Michael Jackson pourrait-on dire... mais encore plus un fan de psychologie, de spiritualité, de quête de sens et de développement personnel... J'ai moi aussi beaucoup réfléchi sur cet ensemble de sujets... Il est vrai que le sujet " Michael Jackson " prête à tellement d'interprétations et d'opinions diverses. En gros, je dirai que rares sont les personnes qui ont " étudié " le cas Jackson d'un point de vue spirituel, symbolique ou mystique.. et encore plus rares celles qui l'ont fait avec DISCERNEMENT et ouverture d'esprit au lieu de le faire mécaniquement " à charge " ( = politiquement ou spirituellement correct ) ! Finallement, le commentaire le + inspiré ( tout en étant le + simple ) est peut-être le dernier, celui du 27/08/10...

    Xavier P

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  8. Bonjour Xavier.
    En effet, peu de gens analysent les phénomènes modernes d'idolâtrie en terme de "religieux". Pourtant, ce n'est que cela, comme beaucoup d'autres choses. Mon analyse est superficielle car je ne suis pas un spécialiste. Mais elle se réfère à René Girard dont vous pouvez lire le résumé de sa "Théorie" sur ce blog ainsi que l'article "Lucien Scubla et le Religieux", plus spécifiquement axé sur les idéologies politiques. Comprendre les mécanismes sociologiques et anthropologiques de nos sociétés est indispensable à ceux qui "veulent voir clair", savoir à quoi ils participent inconsciemment, se comprendre plus profondément eux-mêmes. Car nous sommes influencés par tant de choses qui nous dépassent...
    Quand vous faite référence au dernier article du 27/08/10, duquel parlez-vous ? Sur mon blog ?
    Merci de votre commentaire

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  9. Bonjour ,

    Je retombe ( un peu par hasard ) sur ce lien... et je vois que j'ai eu une réponse, alors merci beaucoup Ménesglad !

    Oui, parler de Michael Jackson, c'est forcément prendre des risques, exposer ses points de vue, ses croyances forcément partiales et personnelles, etc..

    Un livre qui m'a beaucoup marqué dans ma prime jeunesse fut : DANCING THE DREAM ( de Michael Jackson, en anglais ).
    Dans cet ouvrage, il expose ses humbles points de vue sur l'amour, sur Dieux, sur l'argent, sur l'art, les enfants, la musique, la beauté, et le sens de la vie... les mauvaises langues diront que ce n'est pas lui qui l'a écrit !! Qu'importe, on sait de toute manière qu'il s'est fait fortement aidé par Deepak Chopra, auteur américain, médecin, endocrinologue de renom qui a beaucoup écrit sur le développement personnel, la spiritualité, la quête de sens de l'existence, etc..

    Et il se trouve que Chopra est un de mes auteurs préférés. Bref, ce livre de Jackson, je me le suis "approprié" tant ses idées rentraient en résonance avec les miennes... Depuis, MJ a beaucoup influencé ( positivement ) ma réflexion , j'ai rencontré des auteurs qui ont pu constaté le génie et l'excellence de cet homme : Gonzague St Bris par exemple ( voir son livre : AU PARADIS AVEC MICHEL JACKSON ) et Amélie Dalmazzo ( sémiologue ) , auteur de : MICHAEL JACKSON N'A JAMAIS EXISTE... qui habite à deux pas de chez moi..

    Bref, il y aurait tellement à dire sur ton long " dossier ". A partir d'une même lecture, toutes les interprétations sont possibles, et on peut dire qu'à partir des mêmes données psychologiques et spirituelles, au lieu de faire une condamnation en bonne et due forme de l'artiste michael jackson , je ferai au contraire une véritable plaidoirie de défense de michael pour montrer tout l'aspect mystique, visionnaire, profondément ésotérique même ( différent de la " religion " ) du personnage. Cet aspect si fascinant de Michael n'est il est vrai jamais exploré... J'avais acheté un jour un bouquin : MICHAEL JACKSON : FABRICATION D'UN MONSTRE de Jean Paul Bourre... qui est aussi un travail " à charge " censé démolir l'image de Michael Jackson... Au final, les arguments étaient tellement ridicules et grotesques ( malgré des arguments pseudo littéraires et religieux ) que j'ai même arrêter de le lire ( sans doute à tort ) !

    Enfin, moi non plus je ne suis pas un spécialiste, mais le personnage nous a suffisamment interpellé pour qu'on lui consacre une tribune ici.

    Merci à toi.

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  10. Merci de vos indications et de votre commentaire. En effet, les choses sont complexes et relèvent à la fois de la psychologie, de la sociologie, du religieux.... long débat

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  11. Ce qui est fascinant dans tout ça, c'est qu'on pourrait vous taxer d'un manque d'intégrité intellectuelle quand vous jugez Michaël Jackson. Je sent votre propre mimétisme déformer votre jugement.

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